Institut du Champ freudien

sous l’égide du Département de Psychanalyse - Université de Paris VIII

et de l'Ecole de la Cause freudienne, association reconnue d'utilité publique

SECTION CLINIQUE DE NICE Session 2017-2018

Association Uforca-Nice pour la formation permanente

Site en cours de modification

01.07.2017

Certains travaux, des enseignants, de participants et surtout des conférenciers invités, trouvent leur trace dans «Les minutes du Cercle»  ou dans «Les Cahiers cliniques de Nice». Le premier numéro de ceux-ci a eu le privilège de la publication de ce qui était un inédit de Lacan, sa conférence «Le phénomène lacanien», prononcée au Centre Universitaire Méditerranéen de la Promenade des Anglais, en 1974 et établi par Jacques-Alain Miller et a fait l'objet d'un tiré à part publié en 2011.

 

On peut commander « Le phénomène lacanien » au secrétariat de la Section clinique de Nice, pour 15 euro par exemplaire, port compris.

 

 

Cahiers cliniques de Nice, n°16

Novembre 2016.

 

Que puis-je savoir ?

Que dois-je faire ?

Que m’est-il permis d’espérer ?

 

Argument

 

Ces questions cruciales nous ont tous traversés à un moment ou à un autre de notre vie. Elles n’interrogent pas la destinée, mais notre présence au monde. Elles se posent à partir du moment où on ne croit pas être sur une voie toute tracée, celle de la tradition et de l’héritage ou pris dans un flot qui nous porte, celui de la race, de la nation ou de l’espèce. C’est l’individu qui s’interroge et tâche de déterminer sa conduite sans qu’une révélation ou un programme transcendant lui assigne sa manière de vivre. La modernité nous permet d’accéder à une telle formulation car Dieu (ou les dieux) nous laisse responsables de nous-mêmes. Deux affects sont la contrepartie de cette liberté des Modernes : le désenchantement et l’angoisse. C’est le prix de cette pensée à laquelle on a donné le nom de Lumière(s) et dont nous restons profondément imprégnés. Le programme des Lumières est toujours d’actualité, mais de l’eau a coulé sous les ponts et la Raison n’a pas tenu toutes ses promesses. La science et son prolongement technique ont produit autant d’horreurs qu’elles ont permis d’avancées triomphantes.

 

La psychanalyse a permis depuis une profonde réforme de la pensée. Fille du rationalisme et de la science, elle a su éclairer jusqu’aux zones réputées les plus obscures de l’âme humaine. Refusant de laisser à l’ineffable et au démoniaque la vie psychique et la folie elle-même, elle a forgé, avec l’inconscient inventé par Freud, les outils d’une exploration de la psyché inédite. Cette révolution n’est pas allée sans désidéalisation de la science et sans réserve quant au « progrès ». C’est ce qu’on voit à l’œuvre dans le dialogue que nous connaissons sous le nom de Télévision, où Jacques-Alain Miller invite Lacan à donner son avis sur ces trois questions. Lacan ne réenchante pas le monde ; pas de lendemain qui chante ni de salut à espérer : il pousse encore plus avant l’exercice d’élucidation et la critique des illusions modernes. À l’heure de la promotion de la normalisation et des communautés de jouissance, c’est la question du sujet, du singulier et du contingent qui est posée. La subversion du discours courant renvoie le sujet à une éthique dont le Bien-dire est la clé et le désir le fondement. C’est l’inconscient – et le savoir supposé à son sujet – qui nous permet d’accéder à un réel, hors de toute croyance en un savoir absolu ou une connaissance ultime.

 

Si nous remettons l’ouvrage sur le métier, c’est qu’autant de temps nous sépare de Télévision, qu’il ne s’en est écoulé depuis l’invention de la psychanalyse. L’époque nouvelle a connu des mutations irréversibles. Les sujets d’aujourd’hui se trouvent désemparés, sans boussole et volontiers égarés dans leur jouissance. Nous avons donc à nous interroger sur les savoirs dont nous disposons. Comment nous servent-ils à nous repérer, à penser notre expérience et à mener nos vies ? Que pouvons-nous dire, sans nous bercer d’espoirs vains, sur ce que sera peut-être demain ? Comment se passer de la tradition et inventer, plutôt que répéter ? Quelles voies sont possibles, qui ne soient ni celle du retour à Dieu et son passé funeste, ni celles du pire et du désespoir programmé ? Comment faire avec la varité, l’absence de l’Autre, la reconnaissance du hasard et de la contingence, sans sombrer dans le cynisme postmoderne ou le relativisme nihiliste ? Quelle place pour les idéaux sans crédulité ? Que savoir de la « réalité sexuelle », qui n’est autre que celle de l’inconscient ? Que faire et qu’espérer en reconnaissant l’impossibilité d’écrire le « rapport sexuel » ? Quel avenir pour les femmes, pour l’amour ? N’est-ce pas la voie du gay sçavoir ? Voilà le défi que nous relèverons cette année.

 

Cahiers cliniques de Nice, n°15

Novembre 2015.

 

AMOUR, DESIR et JOUISSANCE

 

Argument

 

Le préalable, c’est la jouissance… Le vivant en est la condition ; autrement dit, un corps, ça se jouit. Substance jouissante, ce corps auquel nous avons affaire est avant tout un corps parlant, un corps issu d’un désir qui a pu le faire émerger grâce à une construction et un nouage entre symbolique, imaginaire et réel. Une part de cette jouissance est interdite à l’être parlant, mais l’inscription du sujet dans l’ordre symbolique du langage lui permet d’accéder au désir.

Lacan a pu dire que : « Seul l’amour permet à la jouissance de condescendre au désir », nouant ces trois signifiants dans une formulation resserrée, voire énigmatique, que nous mettrons au travail cette année. C’est qu’en effet, au royaume du non-rapport sexuel, c’est l’amur qui règne en maître, mettant en évidence notamment que « la jouissance […] du corps de l’Autre […] n’est pas le signe de l’amour ». Il y a de l’Un. Et il y a l’Autre. L’inconscient est au travail de l’Un faisant le lit de la solitude, de l’autisme de la jouissance.

 

Quelles conséquences s’en dégageront pour que puisse se lire cette disjonction entre le désir et l’amour ? Mais également, entre l’amour et la jouissance. La relever nous conduira à décliner ce ternaire côté homme et côté femme. Là où la dissymétrie - la différence des modes de jouissance et du rapport à l’amour et au désir - est la règle. A l’heure de l’affaiblissement de l’ordre symbolique, des bouleversements dans le réel, nous interrogerons la façon dont les êtres parlants au XXIe siècle s’embrouillent et se débrouillent avec ce qui ne sert à rien, soit ladite jouissance. Car, au-delà du malentendu - du ratage « qui leur permet de se reproduire », comme l’énonce encore Lacan - comment l’amour vient-il faire solution, suppléance faudrait-il dire, entre les sexes ? Etudier les nouages entre l’amour, le désir et la jouissance, nous ouvrira la voie vers une (re)définition du non-rapport sexuel que nous tenterons de lire à partir des coordonnées de notre clinique contemporaine.

Cahiers cliniques de Nice, n°14

Octobre 2015.

 

Dossier Spécial Névrose : Hystérie, Obsession et Phobie

 

Argument

 

L’hystérie, modèle de la névrose

 

L’hystérie n’est ni une maladie ni un trouble – c’est une énigme posée au maître. Voilà sans doute pourquoi, en tant que névrose, elle s’est trouvée exclue de la classification psychiatrique DSM et laissée au soin de la psychanalyse, qu’elle a pour une part inventée. Ce qui ne l’empêche pas de souffrir, spécialement par la voie du corps, de ce qu’on ne l’entende pas, qu’on ne la comprenne pas, voire qu’on ne l’aime pas. Elle est sujette au manque, à l’insatisfaction, jusqu’à pouvoir s’en rendre malade. C’est pour elle une façon de s’inscrire dans le champ du langage et de la parole par la voie du symptôme.

 

Langage certes, mais Lacan nous indique aussi la direction de l’objet : « Ce qu’à la limite l’hystérique veut qu’on sache, c’est que le langage dérape sur l’ampleur de ce qu’elle peut ouvrir, comme femme, sur la jouissance. Mais ce n’est pas ce qui importe à l’hystérique. Ce qui lui importe, c’est que l’autre qui s’appelle l’homme sache quel objet précieux elle devient dans ce contexte de discours. N’est-ce pas là, après tout, le fond même de l’expérience analytique ? ».

Dès 1894, la psychanalyse s’est révélée au monde à partir des Études sur l’Hystérie, menées par Freud et Breuer. Il s’en est suivi l’apparition d’une nouvelle nomination dans la liste des syndromes pathologiques, celle de névrose, qui se distinguait de ne pas relever d’une causalité organique, mais d’une causalité proprement psychique. Le statut de cette causalité psychique est resté longtemps en débat. Freud, bien qu’ayant désigné immédiatement et formellement la condition sexuelle de la symptomatologie hystérique, s’est trouvé dans l’obligation de déplacer une théorie traumatique sexuelle identifiée dans la réalité vers un traumatisme articulé dans le fantasme. Il a fallu pour cela élaborer la notion de refoulement. Ainsi, ce qui s’inaugurait (plutôt mal) comme une thérapeutique « cathartique » a pu trouver son régime sur le principe de l’interprétation.

Cahiers cliniques de Nice, n°13

Décembre 2014.

 

La famille à l’envers

 

Argument

 

Dans « Les complexes familiaux », Jacques Lacan mettait l’accent sur le fait que « La famille n’est pas naturelle, n’est pas un fait biologique, mais un fait social ».

Ce fait social correspond aux instances culturelles qui, dans l’ordre du symbolique, dominent les instances naturelles. Sont là concernées : « les modes d’organisation de l’autorité familiale, les lois de sa transmission, les concepts de la descendance et de la parenté qui lui sont joints, les lois de l’héritage et de la succession qui s’y combinent, enfin ses rapports intimes avec les lois du mariage ». La famille est considérée comme une institution, à l’intérieur de laquelle l’enfant vient se loger et dans laquelle se fera son évolution, en abordant les différents complexes. C’est l’époque où Lacan affirme la suprématie de la métaphore paternelle et des lois du langage, sur la nature.

 

Aujourd’hui, la famille ne s’inscrit plus dans les mêmes coordonnées. Les règles de la nature ont changé, elles ont été bousculées par la science. Les techniques de la biologie ont désacralisé les ventres, la maternité, la procréation. Ce qui préside à l’établissement d’une famille n’est plus de l’ordre du symbolique et n’inclut plus forcément les fonctions de père ou de mère. Ce qui domine, ce sont les modes combinatoires des jouissances des hommes et des femmes entre eux, qui entraînent une très grande variété des modes de conjugalité.

« Désormais, c’est la naissance d’un enfant qui crée la famille », comme l’écrit la Mission d’information de l’Assemblée nationale sur la famille ; ce n’est plus la famille qui attend un enfant.

L’enfant n’est donc plus celui pour qui l’institution qu’est la famille traditionnelle a préétabli sa place, son logement. Cela a des conséquences pour la clinique. Cela lui confère une grande responsabilité.

Nous remarquons depuis longtemps le déclin social de la fonction paternelle. A l’extrême, le père, au regard de la loi, peut maintenant se réduire à être un gamète. Mais que devient la mère, quand elle est mère porteuse ou mère de substitution ? Les fonctions du père et de la mère ont déshabité l’adéquation au lien de sang. A présent, ces fonctions ne se réfèrent plus seulement au sexe qui était censé les supporter ; en témoignent les cas où le père fait la mère et inversement, et ceux liés à l’homoparentalité.

La psychanalyse depuis Freud avait prévu, peut être devancé, ces bouleversements. La famille n’est plus seulement celle qui semble instituée, c’est celle du mythe individuel du névrosé que le sujet dénonce. Ce qui oriente le sujet n’est pas seulement son père ou sa mère c’est, pour Lacan, les signifiants maîtres. Mais que devient la clinique lorsque ce ne sont plus les signifiants maîtres qui orientent le sujet, mais l’exigence du plus-de-jouir ?

Le statut de l’enfant serait à revoir, il n’est plus seulement l’infans, celui qui ne parle pas mais qui est parlé, il est celui que les psychanalystes écoutent, comme un sujet à part entière.

Comme le dit Jacques-Alain Miller, dans son intervention aux Journées de l’enfant en mars 2011, avec le titre L’enfant et le savoir : « C’est l’enfant, dans la psychanalyse, qui est supposé savoir, et c’est plutôt l’Autre qu’il s’agit d’éduquer, c’est à l’Autre qu’il convient d’apprendre à se tenir. Quand cet Autre est incohérent et déchiré, quand il laisse ainsi le sujet sans boussole et sans identification, il s’agit d’élucubrer avec l’enfant un savoir à sa main, à sa mesure, qui puisse lui servir ».

 

Notre travail de l’année suivra trois axes : l'évolution des familles contemporaines ; l'évolution de la conception de la famille de Freud à Lacan, puis de Lacan à Lacan, résultant de la pratique analytique ; les conséquences cliniques pour l’enfant de ces changements dans l’Autre social.

Cahiers cliniques de Nice, n°12

Octobre 2014.

 

Inventions & solutions dans la psychose

 

Argument

 

« Nous sommes tous des malheureux avec le réel » : l’opacité sexuelle et les embrouilles de l’existence concernent chaque être parlant. Comment s’accommoder de notre corps, des autres, de la jouissance, du sens et de la mort ? Certains disposent d’une boussole dont l’OEdipe freudien les a dotés : le Nom-du-Père, qui noue le désir et la Loi. Ils peuvent ainsi suivre la grande route, comme tout le monde, la voie tracée, conforme, « normale » et balisée. Les autres – ceux qu’on dit « psychotiques » – risquent d’errer, faute de ce repère et de ces réponses toutes faites, de ce prêt-à-porter « traditionnel et hérité ». Faute d’avoir reçu ce kit du névrosé banal, il leur reste la possibilité de forger des solutions singulières. C’est même souvent une nécessité vitale. Un travail de bricolage les attend, pour lequel une véritable capacité d’invention s’avère indispensable : on raboute, on rafistole, on assemble de bric et de broc, on fait des épissures. Le montage tient de l’assemblage surréaliste parfois, de l’oeuvre d’un Tinguely ou d’un Arcimboldo. La création est au principe de ces combinaisons de fortune qui aident à tenir dans le monde et avec les autres, à vivre malgré les écueils croisés du signifiant et de la jouissance.

Lacan a donné l’exemple d’un tel montage avec Joyce : telle est la solution joycienne. Mais chaque cas fait la preuve de la même exigence pour pallier le défaut de la structure. La plus grande diversité marque ce que nous étudierons cette année sous le titre des « Inventions et solutions dans la psychose ».

 

Au cas par cas, dans la littérature et l’histoire, dans la clinique d’hier et d’aujourd’hui, nous tâcherons de nous faire enseigner par les inventeurs de nouages insolites, les « Facteur cheval » de la vie quotidienne.

Cahiers cliniques de Nice, n°11

Octobre 2013.

 

Fantasme et désir

 

Argument

 

Le fantasme est un concept spécifique de la pratique analytique. « S’il y a quelque chose
que nous apprend l’expérience psychanalytique, c’est bien ce qui concerne le monde du
fantasme », avance Lacan. En effet, pour peu qu’un analyste consente à se faire « portier de l’inconscient » et permette au sujet d’aller au-delà des élucubrations sur le sens dont se nourrissent les psychothérapies, l’analysant aura accès au registre où pourront se développer les questions du fantasme, du désir et de la jouissance.

 

En 1897, Freud renonce à sa théorie de la séduction de l'enfant par un adulte pervers, dont il faisait jusque-là la cause des symptômes hystériques. En écrivant à Fliess qu’il ne croit plus à sa Neurotica, il substitue le fantasme inconscient à l'événement traumatique, tout en le différenciant du rêve. Il soutiendra ensuite que les fantasmes inconscients des névrosés présentent « le même contenu que les actions authentiques des pervers ». Jusqu’à « Un enfant est battu » (1919), article qui marque un tournant : dans ce paradigme analytique du fantasme, qui se présente sous la forme d’un texte se déroulant en phrases successives, Freud articule étroitement la satisfaction masturbatoire – c’est-à-dire la jouissance – avec le fantasme.

Lacan montrera d’une part que c’est dans le fantasme que le désir trouve « son support, et son réglage imaginaire » et d’autre part que la cause du désir est en l’Autre : « Le désir c’est le désir de l’Autre ». Il déploiera la logique du fantasme qui met en rapport le sujet, fondamentalement divisé par le signifiant, et l’objet qui comblerait sa faille, l’objet petit a. C’est pourquoi le fantasme est « ce qui sert le mieux au névrosé à recouvrir l'angoisse ». A côté du symptôme, il représente une solution à l’impossible écriture du rapport sexuel. Le désir est donc régi par un scénario qui offre du même coup son cadre à la réalité. Ce scénario a une structure ; des protagonistes et des places offrant la possibilité de multiples permutations ; un récit qui peut se réduire à une phrase aussi minimale qu’une épure ; des images. Mais ce qui en fait le coeur et l’essence est une modalité de jouissance, que cet appareil complexe enveloppe et habille.

J.-A. Miller montrera que distinguer cliniquement l’objet et le signifiant, donc le fantasme et le symptôme, est essentiel pour la direction d’une cure. Un juste repérage du fantasme est nécessaire dans la conduite d'une cure de psychanalyse pure ou appliquée.

La psychanalyse s’offre à déchiffrer ce savoir inconscient, en isolant les objets a produits dans le manque de l’Autre, permettant ainsi à la cure d’ « opérer sur le fantasme ». Restera à l’analysant à rencontrer, au-delà de ce savoir chiffré, l’horreur de savoir, soit le réel que le fantasme masque et traite à la fois.

 

Nous aurons à étudier les coordonnées du fantasme dans chacune des structures cliniques et leurs effets quant au désir :

– Pour le névrosé, le fantasme met en scène un Autre et son manque, qui sont ses partenaires. Si l’hystérique soutient son désir comme insatisfait et affiche sa castration, l’obsessionnel évite son propre désir et vise à annuler celui de l’Autre.

– Le pervers quant à lui se pose volontiers en victime du désir de l’Autre qu’il s’emploie à angoisser.

– Pour le sujet psychotique, la non-extraction de l’objet petit a compromet l’avènement de la structure du fantasme et la possible régulation de la jouissance par l’accès au désir. Nous verrons à quelles inventions il sait recourir, qui peuvent tenir lieu de fantasme.

Cahiers cliniques de Nice, supplément du n°9

Février 2011.

 

Dossier spécial Autisme

 

Éditorial

 

Durant deux années, 2008-2009 et 2009-2010, un atelier a eu lieu à la section clinique de Nice sur l’actualité de l’autisme. Un discours s’y est tenu, fort éloigné de celui de la psychiatrie moderne. Forte de son alliance avec la médecine, la psychiatrie a sorti l’autisme de la scène de la relation et l’a converti en objet de recherches pour démontrer de possibles altérations organiques. Au nom de principes et de théories faussement scientifiques, le politique fait de l’autisme un handicap et opte pour la mise en oeuvre de méthodes éducatives.

 

À l’envers de cette politique de santé mentale qui ferme la porte à toute manifestation de la singularité des êtres parlants, la psychanalyse vise à produire et à garantir la dimension subjective dans laquelle un sujet pourra prendre la parole.

 

En ouverture de ce dossier « spécial autisme », figure un texte théorique et politique de François Bony qui reprend l’actualité de cette question.

 

Suivent cinq textes cliniques qui démontrent, chacun à leur manière, que le savoir du praticien se construit au cas par cas. Si le désir du praticien le conduit à accueillir les inventions du sujet, il s’en retrouve enseigné par chaque sujet, y compris par les sujets autistes.

 

Dans la rubrique « Moments de lecture », sont regroupées les interventions des participants qui portent sur la spécificité de l’abord théorique de la question par certains membres de l’École. Chaque participant a accepté pour cette publication d’extraire les points forts du texte qu’il avait présenté en atelier.

 

Ce dossier se conclut par la conférence faite par Jacques Ruff à Nice le 13 juin 2009. Ce texte, repris dans l’atelier, témoigne du « work in progress » qu’effectue Jacques Ruff autour des livres de Temple Grandin.

 

Philippe LIENHARD

Section clinique de Nice

25, Rue Meyerbeer 06000 Nice — 04 93 88 85 16 – philippe.de-georges@wanadoo.fr

 

LIENS EXTERNES

Association de la Cause Freudienne - Estérel-Côte d'Azur : www.acfeca.wordpress.com

Association Mondiale de Psychanalyse : www.wapol.org

Département de Psychanalyse Paris VIII : www.ufr-sepf.univ-paris8.fr

Ecole de la Cause freudienne : www.causefreudienne.org

Lacan Quotidien : www.lacanquotidien.fr

Université Populaire Jacques Lacan : www.lacan-universite.fr